La vidéo impose des contraintes bien différentes de la photo : là où un fichier RAW est écrit en une fraction de seconde, un enregistrement vidéo génère un flux de données continu pendant toute la durée du clip. Si votre carte ne peut pas absorber ce flux en temps réel, le boîtier arrête l’enregistrement — parfois en plein milieu d’une scène cruciale. C’est pourquoi la vitesse d’écriture soutenue (et non la vitesse de pointe) est le critère déterminant pour la vidéo.

Les standards Video Speed Class (V) ont été créés précisément pour garantir une vitesse d’écriture soutenue minimale. Une carte V30 garantit 30 Mo/s minimum, suffisant pour la 4K à 30 images par seconde en H.264/H.265 compressé. Une carte V60 garantit 60 Mo/s, recommandée pour la 4K 60p ou la 6K compressée. Une carte V90 garantit 90 Mo/s, indispensable pour la vidéo 4K RAW, la 8K compressée ou les formats ALL-I très gourmands comme le ProRes des boîtiers Apple. Consultez le manuel de votre boîtier pour connaître le débit exact du format vidéo que vous utilisez.

Pour la 8K RAW, les cartes SD atteignent leurs limites — seul le CFexpress Type B ou le CFast 2.0 offrent les débits nécessaires. Pour la 4K standard en H.265, une bonne V60 suffit et coûte bien moins cher qu’une V90. Un conseil pratique : avant un tournage important, testez votre combinaison boîtier + carte avec un outil comme CrystalDiskMark ou la fonction de test intégrée à certains boîtiers pour vérifier la vitesse d’écriture soutenue réelle.